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Editorial

27/07/2018 Historiette fictionnelle sur le BTS SIO

Lorsqu'on traduit/écrit surtout du technique, on a parfois envie de s'essayer à de la fiction... Alors imaginons :


Chapitre 1 :

Un groupe d'alternants issus d'un même organisme de formation se présente dans une ville au hasard (disons Tiépois) aux épreuves orales du BTS SIO (Services Informatiques aux Organisations) dans un lycée que nous nommerons ADA (ça passe bien avec l'informatique). Leur oral de l'épreuve E4 (situations professionnelles) est, comme prévu dans les textes, jugé par des enseignants de ce lycée (et de quelques autres). Ils sont un peu surpris du déroulement de l'épreuve, la moitié des questions portant sur des éléments extérieurs à leurs projets (J'ai envisagé des questions comme "Montrez-nous comment installer votre serveur de distribution dans la DMZ" ou "Avez-vous testé votre application Web sur des machines avec différents systèmes d'exploitation ?", mais je n'ai pas osé, ce serait exagérer) et il leur est reproché de ne pas avoir apporté d'autres matériels, également étrangers aux projets présentés.

Chapitre 2 :

Les notes sont publiées. Mauvaise surprise, pour la quasi totalité la note E4 est de zéro. Cela aboutit vu son coefficient important (4 !) fort logiquement à un échec à l'examen quasi-général pour les postulants concernés - dont des redoublants, parfois venant à l'origine d'ADA, et qui avaient obtenu l'an passé des notes bien différentes, généralement avec les mêmes projets et les mêmes enseignants !

Chapitre 3 :

Un flot de réactions indignées s'élève. Le rectorat reçoit deux douzaines de courriers de toutes origines, dont des entreprises que j'ai souhaité être parfois de dimension nationale, voire internationale. Après une prudente expectitude, les services du rectorat répondent en considérant que s'est passé parfaitement correctement et confirment les notes. Les enseignants/jurys concernés ont jugé pertinent d'appliquer une pénalité de 10 points, pour "Non respect au (sic !) cahier des charges national". Et de mentionner que le niveau technique des candidats étant très faible, la note était inférieure à 10, d'où le zéro final. Cette pénalité semble n'avoir jamais été appliquée au niveau national depuis la création de ce diplôme, mais peu importe. Un jury est souverain, et ce n'est qu'une histoire.
Pour pimenter, j'introduis une enquête de l'Inspection Générale de l'Education Nationale, publiée en juin 2018, qui relèverait pour cette épreuve une "grille d’évaluation considérée comme pas toujours pertinente avec d’une part la partie communication qui aide le candidat à s’approcher de la moyenne même s’il ne sait pas mettre en œuvre et d’autre part une inconsistance de certains items de notation".
Le courrier de réponse du rectorat insisterait sur la nécessité pour l'organisme de formation de se doter du matériel tel que prévu au cahier des charges national. Pourtant, comme la pénalité n'est appliquée qu'à une partie des apprenants (réseau ou développement), ce n'est manifestement pas le problème de l'organisme de formation, mais celui des entreprises. Autrement dit, les entreprises dans lesquelles évoluaient les apprenants possèderaient un matériel insuffisant, non conforme à ce qui est attendu...

Chapitre 4 :

Pour le moment, j'en suis là. Je pense ajouter un environnement où le gouvernement incite lourdement pour le développement de l'alternance. Avec par exemple une visite d'un député de la majorité dans l'organisme de formation quelques jours avant les faits. Et peut-être des réactions du monde industriel, qui pourrait par exemple décider de ne plus accepter de stagiaires ou d'apprenants venant d'établissements publics... Et peut-être une plainte au tribunal administratif. Bref, j'ai encore de quoi faire avant d'atteindre le dénouement.
Je sais que cette histoire ressemble un peu trop à la semiternelle guéguerre public/privé, dont chacun sait qu'elle est terminée depuis longtemps. Mais cela aurait le mérite de poser aussi le problème des candidats de l'enseignement à distance ou des candidats libres...
Bien sûr, tous les événements décrits ici sont parfaitement fictifs et toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé ne serait pure coïncidence et totalement fortuite. Juste le pur fruit de mon imagination débridée. Dans le monde réel, il serait impossible que cela se produise. Ou pas.